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Les couleurs retrouvées de Tirana,Albanie


rita Scaglia

PHOTOS: RITA SCAGLIA TEXTE : RAPHAEL GLUCKSMANN pour Europ' Bazar EDI RAMA... OU LES COULEURS RETROUVEES DE TIRANA "Bienvenue dans la capitale européenne des putes, des clandestins et des mafieux". De Weï Jinsheng aux montagnards vietnamiens, des femmes afghanes aux transsexuelles italiennes et aux opposants cubains, le monde de la dissidence s’était donné rendez-vous à Tirana. C’était il y a deux ans, lors du congrès du Parti Radical Transnational. Un géant sympathique au sourire d’ogre ouvrit les débats par une surprenante formule: "Bienvenue dans la capitale européenne des putes, des clandestins et des mafieux". Je demandai aussitôt à mon voisin qui était ce barbu en chemise de bûcheron canadien. « Edi Rama, le maire de la ville ». Ce lundi 8 septembre 2003 à neuf heure du matin, alors que j’attends patiemment le maire en bavardant avec sa charmante secrétaire et ma non moins charmante photographe, je me rappelle cette phrase, seule raison de mon retour à Tirana. N’était-ce pas qu’un simple coup d’esbroufe ? Lorsqu’Edi Rama ouvre la porte de son bureau, il porte une magnifique chemise rose. Il occupe mon champ de vision comme Orson Wells l’écran dans "Monsieur Arkadyn". Je pénètre dans son antre, une immense pièce ovale qu’il a fait ajouter aux bâtiments de la mairie. Aux murs, une tapisserie rouge représente la Tirana des années trente, une ville aux dimensions humaines et à l’aspect chaleureusement oriental. La Tirana pré-totalitaire. Des années de Mussolini et surtout des décennies d’architectes staliniens, ça vous change une ville. Tout au bout de la pièce, une minuscule télé, posée sur le sol, marche en continu. La capitale des putes, des mafieux et des clandestins ? « J’espère que vous ne m’avez pas pris au sérieux ! Je voulais reprendre l’image que vous avez vous de notre pays. Avouez qu’avoir un passeport albanais n’ouvre pas toutes les portes en Europe occidentale. Et il n’y aurait rien de plus désespérant que le maire de Tirana, ce grand bordel, tenant un discours formel. J’essaie de sortir de cette dichotomie entre le discours et la réalité propre à la folie communiste. Le socialisme nous a rendus schizophrènes ». Edi Rama s’exprime dans un Français parfait, héritage de ses années d’exil à Paris. A Tirana, les élections municipales s’annoncent. Le candidat du Parti Démocratique (opposition) vient de présenter en grande pompe le directeur de sa campagne dans un show à l’occidentale ? Qu’à cela ne tienne, Edi Rama convoque une conférence de presse pour montrer au peuple les concepteurs de la sienne. Aux côtés du géant aux chemises colorées, deux enfants de six ans, « l’intellectuelle parisienne » Léa et « le voyou albanais » Franky. Leurs dessins s’affichent partout dans la ville. De cette collaboration artistico-politique naît une romance. Un pont vers l’occident ? « Avec Edi, je saute sur l’Europe ». Mon premier meeting d’« Edi » a lieu à 18 heures, ce lundi, au Palais des Congrès, un de ces immenses immeubles staliniens qui, même investis par les masses, paraissent toujours vides. Des centaines d’adolescents courent dans les escaliers interminables du gigantesque hall et se pressent au milieu de ce tombeau socialiste des vanités individuelles pour obtenir le T-Shirt, la casquette ou le drapeau de la campagne d’« Edi ». Je compatis avec de vieux Albanais qui regardent la scène amusés et surpris par ce tourbillon de jeunesse en jeans moulants et débardeurs sexy. Jamais je n’aurais pensé prendre un coup de vieux à un meeting social-démocrate… J’explique en franglais assaisonné d’Allemand à un quinquagénaire polyglotte que, chez nous, les meetings du Parti Socialiste ne ressemblent pas à ça. Il me répond en s’excusant de tout ce bordel que ce n’était pas non plus cela de « son » temps. Je me sens automatiquement plus jeune, délaisse mon apparatchik et contemple en souriant le brouhaha des tenagers. Les ados aiment « Edi ». Ses promenades électorales dans Tirana tournent à l’émeute chez les moins de 15 ans et tous les soirs une grande boom est organisée par son staff sous un chapiteau. Même Jack Lang n’aurait pas fait plus « hype » s’il s’était présenté à la mairie de Paris. Lorsque je fais remarquer à l’édile l’âge moyen de ses supporters, il se vexe et, à chaque signe d’encouragement venant d’un adulte, il se retournera désormais vers moi l’air narquois. (....) TEXTE : Raphael Glucksmann (demlandez la suite)


 

ritA Scaglia / Picturetank SCR0034845

Place principale de Tirana, Albanie

TIRANA, Albanie - 01/10/2003

 

ritA Scaglia / Picturetank SCR0095318

Edi Rama entouré de ses gardes du corps. Sur le terrain, il surveille les moindres détails du gigantesque chantier de mise en couleurs, qu'il a entrpris dans sa ville. En maitre d'oeuvre exigent, il n'hésite pas à ce mettre en colère. Ici il explique à un ouvrier qu'il ne peut pas planter son engin au mileu de la route.....pour aller boire une bière !

TIRANA, Albanie - 01/10/2003

 

ritA Scaglia / Picturetank SCR0034843

Edi Rama, maire de Tirana et artiste-plasticien, dans son bureau, en 2003.

TIRANA, Albanie - 01/10/2003

 

ritA Scaglia / Picturetank SCR0036581

Edi Rama , l'artiste maire" colorie sa ville.

TIRANA, Albanie - 01/10/2003

 

ritA Scaglia / Picturetank SCR0036579

Edi Rama

TIRANA, Albanie - 01/10/2003

 

ritA Scaglia / Picturetank SCR0034842

Bunkers individuels destinés à la défense des abords de Tirana, Albanie.

TIRANA, Albanie - 01/10/2003

 

ritA Scaglia / Picturetank SCR0095334

Immeuble peint, artiste espagnol

TIRANA, Albanie - 01/10/2003

 

ritA Scaglia / Picturetank SCR0095335

Immeuble peint à Tirana.

TIRANA, Albanie - 01/10/2003



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